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A qui profitent les marchés de la campagne ?

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Présidentielle 2018 : la question a toute sa pertinence à deux mois et demi de l’élection du président de la république. Entre prestataires étrangers et locaux, la balance est très déséquilibrée.

Les budgets qui sont déjà votés et validés par les partis en lice pour la campagne électorale, seront consacrés à la conception des stratégies de communication et de marketing politique cédés aux cabinet d’expertise, à l’achat et la location du matériel roulant, à l’affichage, à l’impression des bulletins de vote en diverses enveloppes, à la fabrication des urnes, aux insertions presse, à la conception, l’hébergement et l’animation des sites internet et autres réseaux sociaux, à l’achat de gadgets (polos, stylos, tee-shirts, parapluies, porte-clés, foulards, casquettes, pagnes, etc.) Avant même qu’il n’officialise sa réponse aux multiples appels qui le suppliaient à briguer un septième mandat présidentiel, certaines sources indiquaient que le matériel de campagne de Paul Biya avait déjà été confectionné. Ces informateurs précisaient même qu’une délégation de militants du parti au pouvoir (Rdpc), avait été missionnée en Chine pour le rapatriement dudit matériel. L’on citait alors le nom d’un député bien connu et d’un opérateur économique au portefeuille bien garni comme les missionnaires commis au convoi du matériel qui servira à la campagne du président sortant. Martin Belinga Eboutou Comme en 2011 et même d’autres élections présidentielles antérieures, l’équipe de campagne de Paul Biya a fait confiance aux prestataires étrangers pour la confection des affiches et d’autres gadgets qui seront utilisés pendant les deux semaines que durera l’opération de convoitise des faveurs des électeurs. Les opérateurs locaux héritent généralement de la portion congrue.

En 2011, l’affichage avait été confié à un membre en fonction au Conseil électoral d’Elections Cameroun. Les médias ayant relevé l’incompatibilité de la transaction, le marché lui a été retiré, alors qu’elle perdait aussi son poste à Elecam. En 2011, le directeur du cabinet civil d’alors, Martin Belinga Eboutou, avait joué le rôle prépondérant d’intendant d’une partie des fonds de campagne de Paul Biya. C’est lui qui se chargeait personnellement de remettre des espèces sonnantes et trébuchantes à certains organes de presse retenus pour l’accompagnement de la campagne présidentielle. Entre temps, il a cédé son fauteuil à Samuel Mvondo Ayolo. Pour la communication, Paul Biya a longtemps fait confiance aux communicants français : Jacques Séguéla, Patricia Balme. Il y a sept ans, la dernière citée avait été préférée à Stéphane Fouks (un autre Français) pour faire le marketing politique du président de la République qui briguait un sixième mandat. L’agence dirigée par Patricia Balme avait alors conçu un site Internet dédié au candidat Biya, porté par le slogan « le Cameroun en marche. » L’agence française de communication avait en outre hérité de l’affichage électronique. Le cabinet de Patricia Balme avait sous-traité ce volet avec JC Decaux, une entreprise française spécialisée dans la publicité urbaine.

La question qui se pose est de savoir si les états major disposeront d’assez de ressources financières pour battre campagne sur toute l’étendue du territoire national. Il y a sept ans, les 3 milliards du Rdpc consacrés à la communication étaient jugés insuffisants par certains. Cette année, des militants du parti au pouvoir ont engagé une quête pour soutenir la campagne électorale de leur candidat à la présidentielle. A cela s’ajouteront les fonds publics selon les termes de la loi. En 2011, le SDF avait initialement fait un budget prévisionnel de deux milliards de francs CFA. Mais le parti d’opposition avait revu ses estimations à la baisse, les ramenant finalement à 600 millions de francs CFA. Et pourtant, le vaste marché lié à la campagne électorale pour l’élection présidentielle est estimé à plus de 100 milliards de FCFA. Cette manne peut non seulement créer au moins un millier d’emplois saisonniers et biens rémunérés, mais aussi relever l’économie et contribuer à sa croissance. Mais elle échappe malheureusement à plus de 80% aux experts et hommes d’affaires locaux qui peinent à payer les impôts et taxes.

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