Accueil Gouvernance Bétaré Oya/Ng...

Bétaré Oya/Ngoura : Mines d’or, mines de fraudes

2117
0

Une étude de transparence menée sur 44 entreprises  implantées dans ces zones du Cameroun révèle des manques à gagner d’au moins 400 millions de francs du fait du non-respect des normes environnementales.

L’étude est intitulée « transparence  et fraude environnementale dans le secteur minier au Cameroun. Cas de l’exploitation artisanale semi mécanisée à l’Est et dans l’Adamaoua ». Sur 44 entreprises observées au long de l’année 2016, les résultats révèlent la récurrence de 6 fraudes environnementales. L’utilisation des produits toxiques, activités minières dans les cours d’eau ; la mauvaise gestion des déchets, la non réhabilitation des sites après exploitation; la non réalisation des études d’impact et le non-paiement de la caution environnementale. Ces deux dernières infractions ayant de lourdes conséquences économiques.

« Dans le cahier de charges, l’exploitant devrait payer 1 million de francs avant de creuser un puits, alors nous sommes allés sur les sites de ces entreprises et on a recensé de manière non exhaustive 248 trous. Quand nous multiplions ce nombre par la somme recommandée ça nous donne un montant de 248 millions Fcfa comme manque à gagner pour l’Etat», explique Eric Etoga Fouda de Dynamique Mondiale des jeunes, l’une des organisations ayant mené l’étude.

Bien plus, la non réalisation d’une Etude d’impact environnementale et social sommaire (Eiess) ou détaillée (Eiesd)  occasionne également des pertes financières. Le rapport fait savoir que sur « les 44 sociétés répertoriées 43 n’ont pas fait d’Eiess. Soit un manque à gagner de  l’ordre de 97,73% ». La somme totale des montants qui devraient être perçue par l’Etat pour ces deux catégories d’études se chiffre à 363 millions de Fcfa. Cet argent « aurait pu permettre à l’Etat de réparer les dommages occasionnés sur l’environnement et d’indemniser les communautés affectées. », regrette le rapport qui ne concerne pourtant qu’un échantillon de 44 entreprises, tandis qu’on dénombre au moins une centaine.

Sur les facteurs encourageant ces fraudes, l’étude souligne l’octroi de l’autorisation sans réalisation préalable des études d’impact et l’incohérence des textes. S’agissant du compte de réhabilitation en vue de réhabiliter un site après exploitation en l’occurrence « les textes ne spécifient ni la banque où devrait être logé le compte, ni le les règles de transparence dans le flux et la gestion de ce compte ». Peut-on lire dans le rapport qui interpelle la Conac et le Consupe à faire la lumière sur les transactions qui sont faites dans ce secteur. 65% des flux financiers illicites étant représentés dans le secteur minier extractif au Cameroun.

Poster un Commentaire

avatar
  S’abonner  
Notifier de