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Cameroun-Coronavirus : Le ventre mou de la riposte camerounaise

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PHASE D'INCUBATION
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Les réactions n’ont pas tardé à la suite du communiqué signé le 3 février 2020 par le ministre de l’Elevage, des Pêches et des Industries animales (Minepia) du Cameroun.

Dans un communiqué officiel signé le 3 février 2020, le ministre de l’Elevage, des Pêches et des Industries animales (Minepia) du Cameroun annonce la suspension, « jusqu’à nouvel ordre », de la délivrance « des avis techniques d’importation d’animaux vivants, de produits d’origine animale et halieutique frais ou congelés et non manufacturés », en provenance « des pays abritant des foyers actifs » du coronavirus.

Dr TAIGA, MINISTRE DE L’ELEVAGE, DES PECHES ET DES INDUSTRIES ANIMALES

Le Dr Taïga instruit par la suite ses collaborateurs sur l’ensemble du territoire, de « prendre toutes les dispositions nécessaires pour maintenir la veille sanitaire active des services vétérinaires sur toute l’étendue du territoire national, et de renforcer les mesures d’inspection et de contrôle sanitaire vétérinaire aux frontières portuaires, aéroportuaires et terrestres, ainsi qu’aux différents postes de contrôle sanitaire ». Certains responsables rencontrés ont réagi en demandant la mise à disposition des moyens nécessaires pour assurer cette veille sanitaire. Certains ne manqueront pas d’évoquer leur triste expérience de la lutte contre la grippe aviaire.

LE CORPS MÉDICAL CONTRE LE CORONAVIRUS

En effet, le 7 octobre 2016, les  responsables du ministère de l’Elevage des Pêches et des Industries Animales (Minepia) ont effectué une descente musclée au marché de Mvog Ada dans la ville de Yaoundé. Plus de 10.000 poulets avaient encore été abattus. A cette période, La région de l’Ouest, premier bassin de production du poulet au Cameroun, connaissait ainsi sa 3ème épizootie de grippe aviaire en moins d’un an. Ceci au grand dam des aviculteurs, qui avaient déjà annoncé des pertes d’environ 16 milliards de francs CFA.

En ruine aujourd’hui, le Complexe avicole de Mvog-Betsi à Yaoundé, opérationnel depuis 1996, suite à la privatisation de l’Office national pour le développement de l’aviculture et le petit bétail (Ondapb), se présentait comme l’un des plus gros appareils de production de la filière avicole au Cameroun. Avec une capacité d’environ 33 000 œufs à partir de ses huit incubateurs. Les destructions entamées le 9 mai 2016 et achevées sur le site de Mvog Betsi le 18 juillet 2016, ont laissé 112 personnels sans emplois.

Malgré les promesses du gouvernement de soutenir la relance de cette entreprise, rien n’a changé jusqu’à ce jour. Des soupçons de détournement des fonds alloués à cette opération de lutte contre la grippe aviaire planent sur certains responsables du Minepia. « Cette épizootie a permis à certains de s’enrichir sur le dos des techniciens qui étaient sur le terrain. » déclare un agent vétérinaire qui dit n’avoir pas perçu ses primes jusqu’aujourd’hui comme la majorité de ses collègues.

CORONAVIRUS

Gestion

Cependant, le pays de Paul Biya a été le premier d’Afrique Centrale à identifier des cas du virus H5N1 de la grippe aviaire sur son territoire en 2006. Cet épisode a été suivi par deux autres en 2016 et 2017. La conjugaison des efforts de l’Etat appuyé par la FAO sur financement de l’Usaid (Agence des États-Unis pour le développement international) a permis d’apporter une réponse appropriée à la crise en 2016, à travers notamment le déploiement des experts internationaux aux côtés de l’équipe locale d’intervention et la mise à disposition du matériel et équipement de protection.

Le réservoir du coronavirus se trouve chez les animaux (chauves-souris, serpents, dromadaires…). Il se transmet de l’animal à l’homme et la transmission interhumaine est prouvée. Une épidémie de cette maladie s’est déclenchée en Chine le 31 décembre 2019, avant de se propager dans d’autres pays. Si jusqu’ici, aucun cas n’a été déclaré sur le territoire camerounais, certaines pratiques qui ont fait leur lit dans la gestion des catastrophes suscitent déjà des interrogations à la suite de la sortie par un communiqué du ministre Taïga.

Léon MGBA

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