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Cameroun-Cotons-graines : Hypothétique production de 400 000 tonnes

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CHAMPS DE COTONS CAMEROUN
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L’objectif visé par le Cameroun d’ici 2020 repose sur certaines conditionnalités qui semblent ne pas suivre sur le terrain.

En ce début du mois de mars, la société de développement du Coton s’active à transporter rapidement le coton des champs pour les entrepôts de stockage avant le début des pluies.  Par exemple sur l’axe Mokolo, Koza, dans la région de l’extrême-nord, certaines populations ont fait du passage des camions de la sodécoton au petit matin leur réveil.

FILIÈRE COTON CAMEROUN

Les cotonculteurs, organisés en association font le plein des bacs aux  points de ramassage. Pour Haïdava, jeune cotonculteur rencontré au point de ramassage de Koza centre fait savoir que la culture du coton jusqu’au transport du point de ramassage demande une débauche d’énergie en longueur de journée, mais pour une rémunération insignifiante. « Le coton ne permet plus aujourd’hui de joindre les deux bouts dans nos familles. C’est pourquoi dans mon village les gens s’investissent déjà beaucoup à la culture des oignons et du mil. La sodecoton doit revoir ses prix » déclare le jeune producteur. Sauf que du côté de l’entreprise publique, les dirigeants sont optimistes pour les lendemains de cette filière.  Le directeur général Mohamadou Bayero Bounou, plafonne à 400 000 tonnes, la production de cotons-graines d’ici 2022. Cependant, il nuance quand il souligne que cela ne sera possible que si les investissements nécessaires pour la mise à niveau  des infrastructures suivent et que les producteurs sont enthousiastes. Ce qui semble ne pas être le cas pour  Haïdava et ses frères.

MOHAMADOU BAYERO BOUNOU, DG SODECOTON

De fait, le Cameroun a produit 310 000 tonnes de cotons-graines au terme de la campagne 2018-2019. La sodecoton  s’est réjoui de ce résultat parce qu’il ya eu une augmentation de 156 019 tonnes (+22%) par rapport à la saison  précédente. Un  chiffre qui se situe au-delà de la prévision de 280 000 tonnes du plan de redressement (PDR) de l’entreprise.

Ainsi, 46,4 milliards de revenus bruts ont été distribués aux producteurs, en raison de 293 100 Fcfa en moyenne pour chacun. Avec ses 9 usines d’égrenage d’une capacité annuelle de 140 000 tonnes, la sodecoton a pu traiter 256 057 tonnes (+11,8%) durant la campagne 2018-2019. Par contre, ses deux huileries, capables de presser 120 000 tonnes de graines par an, ont enregistré une contre-performance en ne traitant que 39 651 tonnes, contre 110 138 tonnes au cours de la saison précédente.

Si le Cameroun veut réaliser son ambition de produire 400 000 tonnes de cotons-graines à l’horizon 2022 et 600 000 tonnes quatre ans plus tard, il est important de motiver à nouveau les producteurs en revoyant les prix. Et comme le dit si bien le directeur général de la sodecoton, Il faudrait amener les éleveurs à changer de mentalité pour qu’il y ait une augmentation des surfaces cultivées.

Léon MGBA 

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