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Cameroun-Gestion Publique: Un nouvel instrument pour financer la décentralisation

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MINISTERE DES FINANCES CAMEROUN
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Le compte unique du Trésor permet une meilleure centralisation des ressources de l’État mais doit selon les experts, s’adapter aux mutations découlant du transfert des compétences et pouvoirs aux Collectivités Territoriales Décentralisées.

«Lorsque les dépenses des collectivités territoriales décentralisées ne sont pas considérées comme ayant la même priorité que celle de l’État, alors il y a un problème et cela entraine l’existence de plusieurs péages pour se faire payer », déclaration péremptoire de David Abouem à Tchoyi, expert en décentralisation. L’ancien ministre intervenait dans le cadre de la table-ronde organisée en marge de la conférence annuelle 2020 des responsables du ministère des Finances et modérée par Gilbert Didier Edoa le Secrétaire général de cette administration.

La thématique centrale de cette ritournelle rencontre annuelle portait sur « la consolidation budgétaire et relance économique dans un contexte d’accélération de la mise en œuvre de la décentralisation ». Avant les discussions en atelier, les participants à la conférence ont été édifiés par deux exposés en droite ligne avec la thématique des travaux. Le premier centré sur modernisation du Compte unique du Trésor (CUT) et le financement de la décentralisation, alors que le second s’est appesanti sur  la dématérialisation des procédures et l’optimisation des recettes budgétaires et locales.

L’argent étant le nerf de la guerre, la réforme dans la gestion des finances publiques a institué le compte unique du trésor qui désormais centralise les recettes et les ressources disponibles. Sauf que dans cette centralisation, les dépenses des entités comme les Collectivités Territoriales Décentralisées ne sont pas toujours prioritaires par rapport aux dépenses de l’État central, et c’est là le problème.

SYLVESTRE MOH TANGONGHO, DGTCFM

Ainsi selon certains experts rencontrés sur le terrain et même pour le Fonds Monétaire International ; un système financier qui génère des arriérés doit être reformé, car l’ensemble des ressources doit assurer l’ensemble des dépenses. Selon Samuel Tela, le directeur de la trésorerie au Minfi, les réformes proposées portent sur un système de comptes principaux (gérés par les comptables principaux tels que les Trésoriers payeurs généraux) autour duquel gravitent entre autres des comptes spécifiques (exemple celui du fonds routier, celui de la décentralisation ou celui des télécommunications).

Ces réformes combinées à un service en réseau déjà fonctionnel au niveau des trésoreries grâce à une dématérialisation des procédures effectives, a rencontré beaucoup de résistances d’après Samuel Tela. Néanmoins celles-ci ont permis de renflouer le CUT de plus de 80 milliards de Fcfa au soir du 31 décembre 2018, ceci à la suite du rapatriement des fonds crédités dans certaines institutions financières. Un montant retiré principalement des comptes ouverts dans les banques commerciales pour y loger l’argent de l’Etat, sous la forme de fonds de contreparties.

Pour la gestion de ce CUT, un seuil de précaution est défini pour éviter de le vider ; De même le Trésor doit pouvoir offrir un service bancaire comme celui perdu dans les banques avec un accueil et une information appropriée, un service de paiement rapide et non discriminatoire pour les CTD. En somme quand la décentralisation est réussie, les Collectivités Territoriale Décentralisées peuvent selon Abouem à Tchoyi devenir un coussin financier et de vraies poches développement car elles constituent un grand gisement de potentialités. Cependant affirme l’expert « si la décentralisation n’arrive pas à apporter la valeur ajoutée alors autant mieux laisser les services déconcentrés continuer ».
Antony Daka

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