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DSCE Mitigé : Les Sénateurs accusent les fonctionnaires

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Face au Minepat venu recueillir leurs avis dans le cadre de la seconde phase, les parlementaires de la chambre haute ont accusé les agents publics d’anesthésier les projets.

« J’ai constaté que les ambitions sont grandes, mais les résultats sont modestes. Est-ce que c’est par manque d’hommes, d’argent, des idées ? » S’est interrogé le sénateur René Ze Nguele. A ses questions, il sera péremptoire dans ses conclusions quand il déclare :« l’administration camerounaise est la cause des problèmes, car le bon travail est inhibé, il est anesthésié par l’administration. Les fonctionnaires sont devenus un problème pour notre pays, ce n’est pas 1000 Fcfa, 2000 Fcfa, 10 000 Fcfa qui sont volés mais à partir d’un milliard Fcfa. Ils ont une préoccupation antinationale, les fonctionnaires sont devenus véreux ». Le sénateur Ze Nguele ne passe pas par quatre chemins pour proposer sa solution quand il déclare : « La grande réforme c’est purger l’administration pour la renouveler, sinon réformer l’administration camerounaise pour que les projets ne restent pas lettre morte ».

Le Sénateur Ze Nguele va aller chercher dans l’histoire de la Chine durant la période du président Mao pour préconiser de suivre cet exemple dans le cadre de la purge de l’administration. Dans la même lancée, le sénateur Dakolé Daïssala va accuser les fonctionnaires de mener le culte du diplôme à tous les niveaux, beaucoup étant détenteurs de faux diplômes, c’est pourquoi il va conclure que « Les fonctionnaires qui n’ont pas tout dans la tête, mais un peu dans le cœur doivent être accompagnés car ils peuvent apporter un peu à leur pays ». Plusieurs autres sénateurs vont approuver leurs points de vue. C’est dans ce sens que le sénateur Charles Salé dans son intervention va se demander « depuis qu’on parle de Dsce, on parle de transformation, mais qui ne vient pas. Comment émerger avec toutes ces entorses ? Comment développer avec les éparpillements d’énergies ? »

BILAN FRANC

Pour le Sénateur Feuze « comment se développer, comment émerger sans routes, sans transformation des produits locaux sur place ? » Le sénateur Pierre Flambeau Ngayap, lui, va se demander pourquoi l’augmentation de la croissance mais avec plutôt peu d’emplois ? Les plaintes des sénateurs vont toucher les domaines de l’énergie, de l’emploi, de l’agriculture, de services du secteur tertiaire, des marchés publics, etc. Ceux-ci exigent plus de gouvernance, de décentralisation dans le choix et l’implémentation des projets, la mise en œuvre des infrastructures attendues telles les barrages, les postes de péage automatisés, etc.

Face à ces sénateurs, le ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey est resté serein et logique dans ses explications. En effet, Il a reconnu que les avis des sénateurs étaient indiqués et louables car le gouvernement est dans une démarche qui « vise à consulter ceux qui ont à dire pour que le plan de voyage soit solide et nous mène à destination ».

Rappelons que le gouvernement est engagé depuis janvier dernier dans des consultations sur la mise en œuvre du Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (Dsce). Il s’agit durant ces rencontres avec les acteurs de divers ordres, de faire d’une part le bilan franc de la première phase du Dsce et d’autre part, de recueillir les doléances sur les besoins par rapport à la phase 2 qui entre en vigueur en janvier 2020 et s’étendra jusqu’en 2027.

Grégoire Bamba, Sénateur de l’Océan dans le Sud du Cameroun

« Je suis très à l’aise en tant que sénateur de la région du Sud. Vous savez que Kribi loge plusieurs grands projets structurants. On a posé ce problème de la planification, le port de Kribi aujourd’hui est opérationnel, mais nous n’avons pas de zone logistique et de zone industrielle. Ce qui fait qu’aujourd’hui le port est un port de transbordement, ce qui n’est pas normal pour booster l’économie du Cameroun. Parce que le port de Kribi avec la zone logistique et la zone industrielle va créer des emplois et va faire bouger l’économie parce que c’est un projet majeur. Je pense que ce séminaire est très important pour nous, nous avons dit au ministre de l’Economie que les choses doivent dorénavant aller dans une planification normale. Je pense en tant que sénateur je suis très heureux de ce séminaire. Ma proposition devant le ministre a porté sur le port de Kribi qui est un projet majeur du septennat du chef de l’Etat et au niveau du port de Kribi nous n’avons pas de zone logistique qui va booster l’emploi et dans la zone industrielle il y aura comme une zone franche qui aura une attraction et les gens vont venir vers Kribi pour s’implanter et c’est tous le Cameroun qui va en profiter »

Alamine Ousmane Mey, Ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire

« L’approche contributive, participative, inclusive est une approche qui a le plus de chance de garantir l’appropriation. Je pense que ayant fait cela, nous aboutirons à un document qui rencontrera la satisfaction des populations à la base »

Qu’elle importance de rencontrer les sénateurs dans le cadre du Dsce 2 ?

Nous avons les représentants des collectivités décentralisés, et à ce titre les questions relatives au développement local leurs tiennent véritablement à cœur et nous avons reçu des contributions précieuses, pertinentes de la part des sénateurs dans le but de rendre le Dsce dans sa phase 2. Un document qui accompagne l’Etat dans l’exécution de ses politiques au bénéfice des populations. Cette rencontre est complémentaire aux consultations régionales qui ont mis en avant les élus locaux, les maires, les acteurs de la société civile, les administrations. Donc nous sortons de cette exercice très édifiés, très satisfaits et surtout nous voyons une convergence de vues entre les représentants du peuple et la volonté du chef de l’Etat qui est consignée dans la vision 2035 et déclinée dans le Dsce.

Est-ce que le gouvernement tiendra compte de toutes propositions qui ont étés faites par les sénateurs ?

Je voudrais ici dire que la démarche qui a été la nôtre, évidement qui est une démarche renouvelée en 2003 et 2008, s’était déjà le cas dans le cadre du Dsrpe et dans le cadre du Dsce première phase. L’approche contributive, participative, inclusive est une approche qui a le plus de chance de garantir l’appropriation. L’appropriation des acteurs à la base, l’appropriation des intervenants dans l’appareil institutionnel pour la mise en œuvre des politiques. Je pense que ayant fait cela, nous aboutirons à un document qui rencontrera la satisfaction des populations à la base, reflètera les volontés politiques de l’Etat par rapport à la vision 2035 du chef de l’Etat. Nous sommes au début d’un septennat qui est qualifié de septennat des grandes opportunités, il me semble aussi important de souligner que ce document doit refléter la volonté du chef de l’Etat de donner plus d’opportunités, de grandes opportunités à nos populations, jeunes, femmes, à nos opérateurs économiques à l’intérieur et à l’extérieur les chances qui peuvent donc faire de ce Cameroun un pays émergent à l’horizon 2035.

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