Accueil A la une Election prés...

Election présidentielle 2018 : Un autre mandat pour quoi faire ?

93
0
0 Partages

Enjeux et défis : apaiser les tensions sociopolitiques actuelles au Cameroun et consolider le vivre-ensemble… accélération de la décentralisation pour créer plus  d’infrastructures de développement s’impose comme une nécessité…

Partira ? Ne partira pas ? Le suspens a été levé le 13 juillet dernier. Paul Biya, président de la République sortant, a finalement annoncé sa candidature. Amoureux du drible, le chef de l’Etat camerounais a feinté sa Crtv, chaine de télévision publique nationale, pour déclarer sa candidature au travers d’un tweet de 43 mots : « Chers compatriotes du Cameroun et de la diaspora, conscient des défis que nous devons ensemble relever pour un Cameroun encore plus uni, stable et prospère. J’accepte

de répondre favorablement à vos appels pressants. Je serai votre candidat à la prochaine élection présidentielle ». Le 7 octobre prochain, les Camerounais du monde entier sont ainsi appelés à élire un nouveau président de la République qui va conduire la destinée du pays pendant les sept prochaines années. La physionomie des candidats se dévoile peu à peu à la faveur des dépôts de candidatures qui sont appuyées par une caution de 30 millions de Francs CFA chacune. Paul Biya l’a fait le 13 juillet, quelques heures après avoir déclaré sa candidature. Si le candidat-président Paul Biya affiche la meilleure côte à l’entame de cette élection, son âge : 85 ans et durée au pouvoir : 36 ans déjà ont créé un tollé général à la suite de sa candidature. Car, s’il est élu, Paul Biya va totaliser 43 ans comme président de la République, battant ainsi, le palmarès détenu par les ex-chefs d’Etat Libyen, Colonel Mouammar Kadhafi et Gabonais, Omar Bongo. Il sera alors âgé de 92 ans.

Le nouveau et probablement dernier mandat que brigue Paul Biya cette année ne sera pas de tout repos. Ce sera pour terminer les travaux déjà engagés. Dans ce chapitre, il est notamment question d’apaiser les tensions socio-politiques actuelles au Cameroun et consolider le vivre-ensemble. Le conflit interne qui s’embrase dans les régions du nord-ouest et sud-ouest devient une priorité pour la préservation de l’Etat unitaire et la cohésion sociale. La stabilité de la sous-région en dépend aussi grandement. Il faut aussi plus de justice et d’équité dans la redistribution des richesses du pays à l’ensemble des compatriotes et à toutes les localités.Dans cette optique, l’accélération de la décentralisation pour créer plus d’infrastructures de développement s’impose comme une nécessité. A côté de ces actions, il y a l’achèvement des grandes réalisations qui n’ont pas pu être livrées, la poursuite de «l’opération épervier » et surtout l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations prévue en juin 2019.

L’autre défi sera de pouvoir remettre le pays sur les rails de la croissance et créer des emplois, pour contrer et dégonfler la nouvelle bombe atomique de ce siècle : la jeunesse. La redynamisation de l’agriculture permettra de nourrir la population et contrer les chocs exogènes. Rendre pleinement effective, l’application de la constitution modifiée en 1996, avec la mise en place de la déclaration des biens, l’élection des exécutifs régionaux et la Haute cour de Justice.

En répondant donc à ses compatriotes que « …conscient des défis que nous devons ensemble relever pour un Cameroun encore plus uni, stable et prospère … J’accepte de répondre favorablement à vos appels pressants », l’homme du 6 novembre 1982 sait bien que« …ne dure pas au pouvoir qui veut, mais dure qui peut. » Et nous concluons avec Abdoulaye Wade, ancien président sénégalais, face à un intervieweur français, que : « Dieu seul sait qui mourra le premier ».

0 0 vote
Article Rating
0 Partages
S’abonner
Notifier de
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
View all comments