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Le RDPC contraint les fonctionnaires à cotiser pour Paul Biya

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PRESIDENTIELLE 2018 : confondant le parti au pouvoir à l’Etat, certains cadres du RDPC demandent aux fonctionnaires de mobiliser les fonds de campagne au bénéfice du candidat président.

Visiblement, les fonds cotisés dans les différents départements de la République par les militants et sympathisants du RDPC pour la campagne électorale de Paul Biya ne sont pas suffisants. Car, les délégations permanentes du parti au pouvoir dans certaines localités demandent, une fois de plus, aux militants et sympathisants de délier les cordons de la bourse. Question de rembourrer davantage la cagnotte pour le financement de la campagne électorale de Paul Biya, président national du RDPC et candidat à sa propre succession.

Comme si les responsables locaux du parti de la flamme voulaient se donner plus de transparence dans la mobilisation des fonds, des listes des potentiels contributeurs sont dressées, chacun en fonction de sa classification. Dans un joli mélange des genres, ministres, secrétaires d’Etat, directeurs généraux, maires, parlementaires, responsables locaux du parti, responsables administratifs, simples fonctionnaires et militants du parti au pouvoir sont sollicités au même titre : chacun doit garnir la tirelire.

Le RDPC attend donc l’argent des directeurs d’administration centrale et assimilés (300 mille francs chacun), des directeurs adjoints et assimilés (200 mille francs chacun), des sous-directeurs (100 mille francs chacun), des chefs de service (50.000 francs chacun), des chefs de bureaux et assimilés (15 mille francs chacun). Les fonctionnaires sont donc considérés d’office comme militants du parti au pouvoir, puisqu’ils sont sollicités au même titre que leurs patrons, les membres du gouvernement dont la contribution attendue se chiffre à deux millions de francs dans certains département, rien n’interdisant qu’un ministre donne dix fois plus. L’on se souvient d’ailleurs que certains ministres donnaient 10 millions chacun lors des différentes levées de fonds dans les départements.

Les cadres des entreprises publiques et parapubliques doivent également mettre la main dans le porte-monnaie pour le financement de la campagne de Paul Biya. Dans certains départements, il est attendu que chaque employé d’une société à capitaux publics verse une contribution forfaitaire de 100 mille francs. Mais dans cette foire aux vanités, chacun voudra faire étalage de sa ‘’générosité’’. Certains donneront donc plus. Nombre de fonctionnaires camerounais sont militants de fait du parti au pouvoir. Puisque le carriérisme ambiant a émasculé les agents publics qui parfois assument les choix collectifs qui ne sont pas les leurs, chacun craignant de probables représailles au cas où il n’affiche pas son militantisme pour le parti au pouvoir. Mais ces usages sont en contradiction avec le préambule de la constitution du Cameroun qui consacre la jouissance des libertés politiques et civiques au Cameroun. Dans une mouvance pavlovienne, la plupart des fonctionnaires camerounais ont conservé les réflexes politiques du parti unique, où il n’y avait aucune ligne de démarcation entre le parti et l’Etat.

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