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Marché du livre : L’auteur n’a que 10%

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A l’occasion de la célébration de la Journée mondiale du livre ce 23 avril, des professionnels de ce secteur ont animé une conférence débat à Yaoundé sur la condition du livre au Cameroun et son impact sur l’écrivain.

Des hommes de lettres réunis autour d’une table au Centre culturel camerounais de Yaoundé sont unanimes. L’écrivain ne vit pas de son art. Mais à la réalité, fait remarquer Edmond Mballa Elanga, directeur du livre au ministère des Arts et de la Culture (Minac), « le principe de l’écriture n’est pas de gagner sa vie mais de produire des œuvres de qualité ». « Quelques rares auteurs à travers le monde qui ne sont pas en réalité dans la catégorie générale de ce qu’on appelle auteurs, obtiennent des avaloirs (avances sur droits) qui se chiffrent en millions et parfois en milliards. C’est de l’ordre de l’exception. » L’a fait savoir le professeur Marcellin Vounda Etoa, secrétaire permanent du conseil d’agrément du manuel scolaire.

Les conférenciers indiquent que seuls des best-sellers peuvent permettre à un écrivain d’avoir le jack-pot. Ne pouvant tous avoir la chance que leurs œuvres soient des best ou mega-sellers sur le marché, les écrivains ne peuvent alors que se contenter des droits générés sur les petites ventes. Des économistes du secteur sur la base du code la propriété intellectuelle ont défini une répartition. « L’imprimeur gagne entre 20 et 30% au Cameroun parce que le coût des intrants est élevé ; le distributeur garde 10%. En réalité, on lui fait une remise de 30%, mais il cède 20% au libraire. L’éditeur contrairement à ce qui est souvent dit, garde entre 10 et 15% comme frais de structure et l’auteur 10% ». A expliqué Daniel Nadjiber, ingénieur économiste, l’un des conférenciers.

Selon l’économiste, pour qu’un livre soit produit, l’éditeur commet de nombreux investissements. Il fait notamment appel à un maquettiste  à qui il doit payer des droits d’auteurs forfaitaires pour améliorer cette création. En gros, il faudra « investir au minimum 500 000F pour produire un livre de 80 pages. La moyenne étant de 300 exemplaires au Cameroun,  si vous les vendez tous à raison de 2000F ou à 1500F l’éditeur n’est pas encore en mesure de payer les droits d’auteurs à l’écrivain. »

Malheureusement relève les panélistes, l’auteur pense généralement que l’éditeur abuse de lui.  Prof Alice Nga Minkala , directeur adjoint de l’Esstic souligne que «  80% des livres  en Afrique sont publiés à compte d’auteur » pour cette raison.

Les conférenciers suggèrent aux auteurs d’avoir un métier connexe qui lui permettrait d’avoir des revenus réels et faire de l’écriture une source secondaire ou simplement une partie de plaisir.

Le Minac accompagne le secteur du livre à travers la promotion de leurs œuvres à l’échelle nationale et au-delà. En plus du concours des jeunes auteurs organisé chaque année, le directeur du livre souligne que « le salon international du livre de Yaoundé, qui est aujourd’hui l’un des plus porteurs en Afrique francophone. Nous essayons également d’apporter le concours nécessaire au développement de la lecture publique au travers d’une bibliothèque mobile qui est pour le moment dans sa phase pilote dans la région du Centre ».  A déclaré Edmond Mballa Elanga.

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