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Paul Biya: des petits mots au grand tollé

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François MBOKE, Directeur de Publication journal Diapason.
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Le Directeur de Publication de votre journal Diapason, François Mboke revient sur l’une des articulations marquantes du double scrutin électoral au Cameroun.

Le 9 février 2020, était jour du double scrutin pour les élections municipales et législatives au Cameroun. Comme il est de tradition, le président Paul Biya accompagné de son épouse, sont allés voter à l’école publique de Bastos située à 2 kilomètres du Palais de l’Unité. Très avare en déclarations dans les médias locaux, le chef de l’État profite souvent de ces moments pour donner des consignes à son électorat ou pour faire un petit commentaire sur la vie politique. Cette tradition a encore été respectée dimanche dernier à Yaoundé.
Au sortir du bureau de vote, Paul Biya, répondant à la question du journaliste qui lui demande : “Après avoir accompli votre devoir civique, quel est le sentiment qui vous anime ?”
Le président répondra que : “C’est un sentiment de joie et de satisfaction. J’ai accompli mon devoir de citoyen et j’en suis heureux. Et je saisis cette occasion pour demander à tous mes compatriotes de faire leur devoir en allant voter, contrairement aux appels au boycott de certains petits partis politiques. En tout cas, la démocratie au Cameroun avance à grand pas et j’en félicite les Camerounais.”
Il n’en fallait pas plus pour mettre le feu aux poutres. Une certaine classe politique a trouvé que le chef de l’Etat avait poussé à la provocation en les traitant de “petits partis politiques”. Au Mouvement pour Renaissance du Cameroun, le parti du professeur Maurice Kamto, qui s’était retiré de la compétition et appelé à boycotter le double scrutin, les membres se sont sentis visés par ces propos de Paul Biya et les réactions ne se sont pas faites attendre. Pour son porte-parole, Olivier Bibou Nissack, “le mépris est la marque des petits esprits, car les grands recourent au dédain”, pour Benjamin Zebaze, si les partis sont si petits, pourquoi les grands en parlent? Pourquoi les empêche-t-on de se déployer sur le terrain. Et pour le lanceur d’alertes Boris Bertolt, “Paul Biya est un homme blessé par Maurice Kamto. C’est un homme méprisant, insultant, le seul fait de parler du boycott prouve qu’il est touché et considère cela comme un affront”.
Pour tenter d’apaiser la situation, les défenseurs du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais, se sont pliés en 4 pour diminuer ces mots.
Le Rdpc est en effet considéré par ses vis-à-vis comme un Parti-Etat qui taille tous les textes à sa mesure et règne sans partage. Il est aussi accusé de mettre les obstacles à l’épanouissement de la vie politique au Cameroun. Ces détracteurs évoquent notamment, l’interdiction systématique de manifestations publiques en dehors de celles organisées par le parti au pouvoir, la nomination d’anciens fonctionnaires, sous forme de récompense aux instances qui gèrent les élections (Elecam, Conseil constitutionnel), l’usage de la force publique et des autorités administratives, des véhicules et moyens de l’État lors des campagnes électorales.
Une situation qui vient d’être confortée par le rapport 2019 sur la démocratie dans le monde, publié par “l’Economist Intelligence Unit”. Il en ressort que le Cameroun est classé à la 40è position sur 50 pays africains pris en compte et qualifie le régime de Yaoundé « d’autoritaire ».
Toutes choses qui appellent à une révision du code électoral avec des textes consensuels.

 

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