Accueil Culture & Tourisme Profanation :...

Profanation : Un film entre tradition et horreur

641
0
0 Partages

Sorti en avant-première au cinéma l’Eden le 14 mars 2019,  le film « Profanation » a été diffusé à Yaoundé le 28 avril 2019 à la salle Sita Bella.

« Profanation » est le premier long métrage  du réalisateur  camerounais Jean-Marc Anda qui relate  l’histoire de quatre  camarades de l’Institut national de cinéma qui vont réaliser leur film école. La forêt Fovu  dans les Haut-Plateaux (Région de l’ouest) est  le lieu qu’ils choisissent pour tourner leur film.  Une forêt dont il faut le signaler  est sacrée parce qu’elle regorge les autels des dieux  de ce village et est également un lieu de culte ancestrale.  Une fois sur les lieux, ils feront face à une série de morts les uns et les autres, orchestrée par leur propre camarade (Okala).  Possédé,  il exécute ses camarades sans pitié aucune à coup de machette. Une attitude soudaine qui découlerait du fait qu’ils ont violé les  éléments fondamentaux du culte.  Pendants plus d’une heure, le film nous transporte dans l’horreur et la peur.

Dans  ce film, on fait alors référence au Gnangnan, Kamsi, éléments fondamentaux du culte au pays des grassfields.  Mais   l’horreur et la violence  que Jean-Marc Anda   renvoi à travers ce film, amène à se demander si les dieux de Fovu sont aussi cruels et durs avec  des âmes innocentes et des étrangers qui ne connaissent rien de la tradition.  Car à cause d’une loi violée inconsciemment, Okala, l’un des personnages du film va être possédé et assassiné ses camarades. «Sans aucune raison forte, aucun malheur ne peut s’abattre sur les ennemis. Au contraire, le sens du sacrifice naturel invite aussi à l’initiation pour comprendre la forêt sacrée et ses mystères. La forêt Fovu comme d’autres forêts est un exutoire pour une thérapie et non un monde de la violence gratuite et l’horreur tant prisée par le film. On ne tue pas gratuitement dans la forêt sacrée. On punit les plus grands dangereux pour sauver les autres du malheur » explique Martial Nguéa, critique de cinéma avant de renchérir « Sur la technique, le film connaît des difficultés prononcées sur le son et les grands moments de bruitages qui lui enlèvent une belle quotte en émotion. La forêt personnage central dans le décor est inerte pourtant, on y vit. On y réfère au sens propre comme au figuré. On y fait des psaumes. Le mystique ne se vit pas. Le spirituel y est spirituel. Les costumes de Fo’o, des dignitaires des grassfields, le culte de Nsi ne se montrent qu’ici en terme de sacrifice en permanence. On semble montrer que deux choses apportent la vie dans la culture du Nsi: le sacrifice et l’argent. Car le prêtre Kamsi attend de son hôte de l’argent pour laver le sacrilège. Erreur ! Jean-Marc Anda a beaucoup de talents. Il aime le cinéma. Profanation a le regard mais il lui reste un cinéma d’auteur assumé»

0 Partages

Poster un Commentaire

avatar
  S’abonner  
Notifier de