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Santé : Les défis de la vaccination dans l’est du Tchad

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Il faut vingt minutes de piste sablonneuse pour atteindre Agang, 400 habitants, le village-cible du jour situé à plus de 950 km à l’est de la capitale N’Djamena et à une journée de voyage du premier tronçon goudronné.

« C’est ce que je craignais, la plupart des mamans sont parties au marché », affirme M. Tchere en étendant une natte sur le sol, sous un manguier. Mais pourtant, une à une, des femmes accompagnées d’un ou plusieurs enfants commencent à arriver de tous les côtés; il n’y a bientôt plus un centimètre libre sur la natte.

Les glacières sont ouvertes et la session peut commencer. Dinar Tchere, pour se rassurer, touche du doigt la glace pour vérifier son état. Et pour cause, il fait déjà 40 degrés et les vaccins ne supportent pas la chaleur : « Maintenir la chaine du froid des vaccins est notre principal problème. Nous n’avons plus de panneau solaire ni de frigidaire », relate le responsable d’un des 21 centres de santé du département.

Aujourd’hui, les préoccupations sont météorologiques : comment garder au frais ces vaccins quand même le mercure est bloqué en haut des thermomètres, n’indiquant plus que la température ambiante ? « Je les stocke au Soudan, dans le centre de santé de l’autre côté de la frontière, ils ont un frigidaire, eux. Mais en raison des tensions sécuritaires, le Soudan refuse les passages de la frontière à moto », raconte Dinar Tchere.

Pour la soixantaine de villages que son centre de santé couvre, il assure faire environ quatre sessions de vaccination par mois. Deux au centre, deux dans les villages : « Mais nous n’avons aucun moyen de transport pour nous y rendre, Il y a longtemps que l’Etat ne finance plus les frais de fonctionnement de ses centres de santé », regrette-t-il

A Arkoum, à une cinquantaine de km d’Hilouta, les défis sont les mêmes pour Félix Djembonoudji, infirmier et responsable d’un autre centre de santé, qui doit en plus faire face aux ruptures de stock.

Si les campagnes de vaccination sont régulières, la couverture vaccinale reste faible. Selon la dernière enquête nationale, en 2017, seul un enfant sur cinq était complètement vacciné au Tchad. Et les maladies sont meurtrières: « la rougeole peut entraîner la sous-nutrition chez un enfant non vacciné, qui est une des causes de la mortalité infantile », explique Fabienne Mially, cheffe de mission de l’ONG française au Tchad. Dans ce pays d’Afrique centrale, selon l’ONU, plus d’un enfant sur 10 meurt avant ses cinq ans.

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